Gestion financière des TPE

Plan de trésorerie sur Excel : modèle mensuel, formules et exemple sur 12 mois

Construire un plan de trésorerie prévisionnel sur Excel : encaissements et décaissements TTC, TVA à reverser, délais de paiement, trésorerie de début et de fin de mois, seuil d'alerte, suivi réel contre prévisionnel et exemple chiffré.

Réponse rapide : un plan de trésorerie sur Excel est un tableau mensuel en trois blocs. Le bloc encaissements regroupe tout l’argent qui entre (ventes encaissées TTC, apports, emprunts, subventions). Le bloc décaissements regroupe tout l’argent qui sort (achats et charges TTC, salaires, cotisations, TVA à reverser, remboursements d’emprunt, investissements). Le bloc solde calcule pour chaque mois : trésorerie de fin = trésorerie de début + encaissements − décaissements. La trésorerie de fin d’un mois devient la trésorerie de début du mois suivant.

Le plan de trésorerie répond à une question simple : aurai-je assez d’argent sur le compte chaque mois ? Il ne mesure pas la rentabilité, c’est le rôle du compte de résultat. Les montants de l’exemple sont fictifs.

Plan de trésorerie ou compte de résultat ?

Critère Compte de résultat Plan de trésorerie
Question L’entreprise gagne-t-elle de l’argent ? Pourra-t-elle payer ses dépenses à temps ?
Moment pris en compte Date de la facture Date du paiement réel
TVA Montants hors taxes Montants TTC + TVA reversée à l’État
Emprunt Seuls les intérêts sont une charge Le déblocage entre, chaque échéance complète sort
Investissement Étalé via l’amortissement Sort en une fois au paiement

Une entreprise rentable peut donc manquer de trésorerie, par exemple si ses clients paient à 60 jours alors qu’elle règle ses fournisseurs à 30 jours. Pour la vision rentabilité, voir le modèle de compte de résultat sur Excel.

Structure du tableau

Placez les mois en colonnes (C à N) et les lignes suivantes en colonne A :

Ligne Poste
5 Trésorerie début de mois
7 Encaissements clients TTC
8 Apports en capital / compte courant d’associé
9 Déblocage d’emprunt
10 Subventions et autres encaissements
11 Total encaissements
13 Achats et sous-traitance TTC
14 Loyer et charges locatives
15 Salaires nets
16 Cotisations sociales
17 Autres frais généraux TTC (énergie, assurances, logiciels, publicité, honoraires)
18 TVA à reverser
19 Impôts et taxes
20 Échéances d’emprunt (capital + intérêts)
21 Investissements TTC
22 Total décaissements
24 Solde du mois
25 Trésorerie fin de mois

Les formules essentielles

  • Total encaissements (C11) : =SOMME(C7:C10)
  • Total décaissements (C22) : =SOMME(C13:C21)
  • Solde du mois (C24) : =C11-C22
  • Trésorerie de fin (C25) : =C5+C24
  • Trésorerie de début du mois suivant (D5) : =C25. Seule C5 est saisie : c’est le solde bancaire réel au démarrage.

Saisissez les décaissements en positif et laissez la formule du solde faire la soustraction. Mélanger signes positifs et négatifs dans un même bloc est la première source d’erreurs.

Prévoir les encaissements avec les délais de paiement

Le chiffre d’affaires d’un mois n’est pas encaissé le même mois. Créez au-dessus du plan une ligne de ventes TTC facturées (ligne 30) et une hypothèse de répartition : par exemple 40 % payés comptant, 50 % à 30 jours, 10 % à 60 jours. L’encaissement du mois devient :

Placez ces pourcentages dans des cellules d’hypothèses ($B$32 = 40 %, $B$33 = 50 %, $B$34 = 10 %) plutôt que dans la formule. Pour mars (colonne E), l’encaissement clients s’écrit :

=E30*$B$32+D30*$B$33+C30*$B$34

Pour janvier et février, les ventes de novembre et décembre de l’année précédente ne figurent pas dans le tableau : saisissez à la main les montants qui restent à encaisser sur ces factures. Si vous facturez 10 000 € TTC en janvier, 12 000 € en février et 15 000 € en mars, l’encaissement de mars vaut 15 000 × 40 % + 12 000 × 50 % + 10 000 × 10 % = 6 000 + 6 000 + 1 000 = 13 000 €.

La même logique s’applique aux fournisseurs : si vous payez à 30 jours, les achats de janvier sortent en février.

La TVA dans le plan de trésorerie

Le plan est en TTC, car c’est ce qui passe réellement par le compte. La TVA collectée sur les ventes n’appartient pas à l’entreprise : elle est reversée, après déduction de la TVA payée sur les achats. Une ligne simple :

TVA à reverser = TVA collectée du mois − TVA déductible du mois

Le décalage dépend de votre régime (réel normal avec déclarations mensuelles, régime simplifié avec acomptes, franchise en base sans TVA). Décalez donc la ligne d’un ou plusieurs mois selon votre calendrier de déclaration. En cas de doute, demandez à votre expert-comptable le calendrier exact applicable à votre entreprise.

Exemple sur un trimestre

Poste (€) Janvier Février Mars
Trésorerie début 8 000 5 100 3 700
Encaissements clients TTC 9 000 11 000 13 000
Déblocage d’emprunt 0 0 0
Total encaissements 9 000 11 000 13 000
Achats TTC 3 600 4 400 5 200
Loyer 1 200 1 200 1 200
Salaires et cotisations 4 800 4 800 4 800
Autres frais TTC 900 900 900
TVA à reverser 800 500 600
Échéance d’emprunt 600 600 600
Total décaissements 11 900 12 400 13 300
Solde du mois −2 900 −1 400 −300
Trésorerie fin 5 100 3 700 3 400

Le chiffre d’affaires progresse, mais la trésorerie baisse trois mois de suite : l’entreprise finance la croissance de ses ventes avant de les encaisser. Si le seuil de sécurité est fixé à 4 000 €, février et mars passent sous ce seuil, et la décision (relance clients, négociation de délais fournisseurs, découvert autorisé) peut être prise dès janvier.

Seuil d’alerte et mise en forme

  • Saisissez un seuil minimal dans une cellule, par exemple B2 = 4 000 €, souvent l’équivalent d’un mois de charges fixes.
  • Ajoutez une ligne d’alerte : =SI(C25<$B$2;"ALERTE";"OK").
  • Appliquez une mise en forme conditionnelle rouge sur la ligne 25 lorsque la valeur est inférieure à $B$2.
  • Repérez le point bas de l’année : =MIN(C25:N25), et le mois concerné : =INDEX(C4:N4;EQUIV(MIN(C25:N25);C25:N25;0)).

Suivre le réel contre le prévisionnel

Un plan de trésorerie n’est utile que s’il est mis à jour. Chaque début de mois :

  1. Remplacez les montants prévus du mois écoulé par les montants réels issus du relevé bancaire ou de votre livre de caisse sur Excel.
  2. Vérifiez que la trésorerie de fin calculée correspond au solde bancaire. Un écart signale une opération oubliée.
  3. Ajustez les prévisions des mois suivants avec ce que vous savez désormais (commandes signées, retards de paiement, dépenses imprévues).
  4. Prolongez le plan d’un mois pour garder toujours 12 mois de visibilité.

Pour comparer, vous pouvez dupliquer la feuille : une feuille Prévisionnel figée en début d’année et une feuille Réel, avec une feuille d’écarts =Réel!C11-Prévisionnel!C11.

Erreurs fréquentes

  • Utiliser le chiffre d’affaires HT comme encaissement : la trésorerie est surestimée de la TVA, puis la TVA à reverser crée une mauvaise surprise.
  • Oublier les échéances annuelles : assurances, CFE, taxe foncière, cotisations de régularisation.
  • Ne compter que les intérêts de l’emprunt : c’est l’échéance complète qui sort du compte.
  • Supposer que tous les clients paient à l’heure : intégrez une part de retard réaliste.
  • Ne jamais rapprocher le plan du solde bancaire.

Questions fréquentes

Sur combien de mois faire un plan de trésorerie ?

Douze mois glissants est la pratique la plus courante. Une banque peut demander un plan sur la durée du projet financé, souvent trois ans, avec la première année détaillée par mois.

Un auto-entrepreneur a-t-il besoin d’un plan de trésorerie ?

C’est utile dès que les rentrées sont irrégulières : il permet de prévoir les cotisations, les investissements et les mois creux. Un tableau simplifié avec quelques lignes suffit.

Faut-il faire un budget à part ?

Pour un foyer, un budget mensuel sur Excel suffit. Pour une entreprise, le budget (rentabilité) et le plan de trésorerie (liquidités) se complètent.

Google Sheets convient-il ?

Oui : SOMME, SI, SIERREUR, INDEX et EQUIV fonctionnent de la même façon. Le partage en ligne facilite la mise à jour avec l’expert-comptable.

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