Comptabilité recettes-dépenses

Bilan comptable Excel : modèle actif/passif, fonds de roulement, BFR et ratios de liquidité

Construire un bilan comptable sur Excel selon la logique du PCG : actif immobilisé et circulant, capitaux propres et dettes, import depuis la balance, contrôle d'équilibre, fonds de roulement, BFR, trésorerie nette et ratios de liquidité, d'autonomie et d'endettement, avec un exemple chiffré.

Réponse rapide : le bilan comptable est la photographie du patrimoine de l’entreprise à une date donnée. À gauche, l’actif (ce que l’entreprise possède : immobilisations, stocks, créances, trésorerie) ; à droite, le passif (comment elle est financée : capitaux propres, provisions, dettes). Sur Excel, un bon modèle reprend la structure du Plan comptable général (PCG), totalise automatiquement chaque masse, vérifie que Total actif = Total passif et calcule les indicateurs utiles au dirigeant : fonds de roulement, besoin en fonds de roulement (BFR), trésorerie nette et ratios de liquidité, d’autonomie et d’endettement.

Ce guide montre comment construire le fichier, l’alimenter depuis la balance générale et interpréter les résultats. Les chiffres de l’exemple sont fictifs.

La structure du bilan selon le PCG

Actif Passif
Actif immobilisé
Immobilisations incorporelles
Immobilisations corporelles (nettes des amortissements)
Immobilisations financières
Capitaux propres
Capital
Réserves
Report à nouveau
Résultat de l’exercice
Actif circulant
Stocks
Créances clients
Autres créances
Valeurs mobilières de placement
Disponibilités
Provisions
Dettes
Emprunts et dettes auprès des établissements de crédit
Dettes fournisseurs
Dettes fiscales et sociales
Autres dettes

Le bilan se lit avec le compte de résultat : le résultat de l’exercice calculé dans le compte de résultat vient s’inscrire dans les capitaux propres.

Étape 1 : préparer la feuille

  1. Colonne A : les postes, indentés par niveau (masse, rubrique, poste).
  2. Colonnes C et D : exercice N et exercice N-1.
  3. Sous-totaux par masse avec =SOMME() : actif immobilisé, actif circulant, capitaux propres, provisions, dettes.
  4. Totaux : =ActifImmobilise+ActifCirculant et =CapitauxPropres+Provisions+Dettes.
  5. Cellule de contrôle : =SI(ABS(TotalActif-TotalPassif)>0,01;"DÉSÉQUILIBRE";"OK"), avec une mise en forme conditionnelle rouge/vert.

Excel en français utilise le point-virgule comme séparateur d’arguments.

Étape 2 : alimenter le bilan depuis la balance générale

Exportez la balance de votre logiciel comptable dans un onglet « Balance » (colonnes Compte, Libellé, Solde ; solde débiteur positif, solde créditeur négatif). Ajoutez une colonne de regroupement à deux chiffres : =GAUCHE([@Compte];2). Chaque poste du bilan additionne ensuite les comptes du PCG concernés :

Poste du bilan Comptes PCG usuels Formule indicative
Disponibilités 512 (banque), 53 (caisse) =SOMME.SI.ENS(Balance[Solde];Balance[Cpt];"51")+SOMME.SI.ENS(Balance[Solde];Balance[Cpt];"53")
Créances clients 411 =SOMME.SI.ENS(Balance[Solde];Balance[Cpt];"41")
Stocks 31 à 37 (moins dépréciations 39) Somme des comptes concernés
Immobilisations corporelles nettes 21 moins amortissements 281 Somme du 21 et du solde (créditeur) du 281
Dettes fournisseurs 401 =-SOMME.SI.ENS(Balance[Solde];Balance[Cpt];"40")
Dettes fiscales et sociales 42, 43, 44 (soldes créditeurs) Somme en inversant le signe
Capital et réserves 101, 106 Somme en inversant le signe

Les comptes de classe 6 (charges) et 7 (produits) ne figurent pas au bilan : leur différence constitue le résultat de l’exercice, inscrit dans les capitaux propres. Un bilan qui ne s’équilibre pas vient presque toujours d’un résultat oublié ou d’un compte créditeur additionné sans changer le signe. Attention aussi aux comptes de tiers à solde inversé (un fournisseur débiteur, une banque créditrice) : ils changent de côté. Adaptez la table de correspondance à votre plan de comptes et faites-la valider par votre expert-comptable.

Exemple de bilan au 31 décembre (en euros)

Actif Montant Passif Montant
Immobilisations incorporelles 5 000 Capital 20 000
Immobilisations corporelles nettes 60 000 Réserves 30 000
Immobilisations financières 3 000 Report à nouveau 5 000
Résultat de l’exercice 15 000
Actif immobilisé 68 000 Capitaux propres 70 000
Stocks 25 000 Emprunts bancaires (dont 8 000 à moins d’un an) 35 000
Créances clients 30 000 Dettes fournisseurs 22 000
Autres créances 4 000 Dettes fiscales et sociales 11 000
Disponibilités 13 000 Autres dettes 2 000
Actif circulant 72 000 Dettes 70 000
TOTAL ACTIF 140 000 TOTAL PASSIF 140 000

Vérification : 68 000 + 72 000 = 140 000 ; 70 000 + 70 000 = 140 000. La cellule de contrôle affiche « OK ».

Étape 3 : fonds de roulement, BFR et trésorerie nette

L’analyse fonctionnelle répond à une question simple : les ressources durables financent-elles les investissements, et reste-t-il de quoi couvrir le cycle d’exploitation ?

Indicateur Calcul Exemple
Fonds de roulement net global (FRNG) Capitaux propres + dettes financières stables − actif immobilisé 70 000 + 35 000 − 68 000 = 37 000
Besoin en fonds de roulement (BFR) Stocks + créances − dettes fournisseurs, fiscales, sociales et autres 59 000 − 35 000 = 24 000
Trésorerie nette FRNG − BFR 37 000 − 24 000 = 13 000

La trésorerie nette retrouvée (13 000 €) correspond aux disponibilités, car l’entreprise n’a pas de découvert bancaire : c’est un bon test de cohérence pour votre fichier. Un BFR qui augmente plus vite que le chiffre d’affaires signale souvent des clients qui paient plus tard ou des stocks qui gonflent ; c’est ce que votre plan de trésorerie doit anticiper.

Remarque : dans une analyse fonctionnelle stricte, on travaille sur les valeurs brutes et on ajoute amortissements et provisions aux ressources stables. Pour un pilotage simple sur valeurs nettes, comme ici, le résultat de trésorerie nette est identique.

Étape 4 : ratios de liquidité, d’autonomie et d’endettement

Ratio Formule Exemple Lecture
Liquidité générale Actif circulant ÷ dettes à moins d’un an 72 000 ÷ 43 000 = 1,67 Supérieur à 1 : l’actif à court terme couvre les dettes à court terme
Liquidité réduite (Actif circulant − stocks) ÷ dettes à moins d’un an 47 000 ÷ 43 000 = 1,09 Couverture sans avoir à vendre le stock
Liquidité immédiate Disponibilités ÷ dettes à moins d’un an 13 000 ÷ 43 000 = 0,30 Part des dettes court terme payable tout de suite
Autonomie financière Capitaux propres ÷ total bilan 70 000 ÷ 140 000 = 50 % La moitié du bilan est financée par les associés
Endettement net (gearing) (Dettes financières − disponibilités) ÷ capitaux propres 22 000 ÷ 70 000 = 0,31 Endettement financier modéré au regard des fonds propres

Les dettes à moins d’un an (43 000 €) comprennent la part de l’emprunt remboursable dans l’année (8 000 €) plus les dettes fournisseurs, fiscales, sociales et autres. Dans Excel, protégez les divisions : =SIERREUR(ActifCirculant/DettesCT;0). Les seuils « normaux » varient selon le secteur : comparez surtout N avec N-1 et avec des entreprises comparables.

Étape 5 : comparer deux exercices

Ajoutez une colonne de variation en valeur =C8-D8 et en pourcentage =SIERREUR((C8-D8)/D8;""), puis posez-vous les bonnes questions :

  • Les créances clients progressent-elles plus vite que les ventes ?
  • Les stocks augmentent-ils sans hausse d’activité ?
  • Des investissements durables ont-ils été financés par du découvert ?
  • Le résultat est-il mis en réserve ou entièrement distribué ?

Erreurs fréquentes

  • Oublier le résultat de l’exercice dans les capitaux propres.
  • Présenter les immobilisations en brut sans déduire les amortissements.
  • Classer tout l’emprunt en long terme pour le calcul des ratios de liquidité.
  • Mélanger soldes débiteurs et créditeurs sans harmoniser les signes.
  • Saisir les totaux à la main au lieu d’utiliser des formules.

Questions fréquentes

Ce modèle remplace-t-il les comptes annuels ?

Non. C’est un outil de pilotage interne. Les comptes annuels et la liasse fiscale suivent les formulaires et règles applicables à votre forme juridique et à votre régime ; votre expert-comptable reste la référence.

Une micro-entreprise a-t-elle besoin d’un bilan ?

Le régime micro n’impose généralement pas de bilan comptable, mais un état simple de ce que vous possédez et de ce que vous devez reste utile pour suivre votre activité, demander un prêt ou préparer un changement de statut.

À quelle fréquence établir un bilan de gestion ?

Au minimum à la clôture ; beaucoup de TPE et PME le font chaque trimestre pour suivre le BFR et la trésorerie.

Est-ce compatible avec Google Sheets ?

Oui. SOMME, SI, SOMME.SI.ENS, GAUCHE et SIERREUR existent aussi dans Google Sheets (noms localisés selon la langue du fichier).

Pour suivre les mouvements de caisse au quotidien, voyez le livre de caisse Excel, et pour le niveau d’activité minimal, le seuil de rentabilité sur Excel. Retrouvez tous les guides dans Comptabilité recettes et dépenses.